Exposition collective
“Talismans”, 2026

«Talismans» est un mot puissant, chacune de ses lettres portant en elle la protection, la conjuration, la consolation, le rituel. Les porteurs de chance, les objets fétiches sont liés à nos histoires et à nos représentations intimes.
Le «Tselem» hébreu à l’origine du mot signifie «représentation». 

Petit caillou ramassé, petit morceau cassé d’un objet trop aimé pour le laisser s’en aller…
Le talisman tient du fragment, du reste, du sauvé qui nous protège car il a subsisté, qu’il a été trouvé à un moment précis et qu’il contient en lui la magie de l’instant. il cache parfois toute une histoire, et son secret est son pouvoir.

Il y a aussi les porte bonheurs bien identifiés qui relient nos humanités à travers les folklores et la coutume.

“It’s all here. I made it for you.”, 2026

En 1973 Robert Mapplethorpe et Patti Smith, amis, amants et jumeaux spirituels partent pour un voyage mental sous peyolt. Conteuse et poète elle lui déroule les sensations, les couleurs… Les mots sont ses bijoux. Robert, quand elle lui demande où  son voyage mental l’a mené, lui tend un lien de cuir sur lequel il a enfilé quelques perles de verre et lui dit : It s all here. I made it for you. Elle appellera ce cadeau "le rosaire du cowboy." 

Cette anecdote tirée de son livre “Bread of Angels" m’a bouleversé.

Depuis le début de ma pratique artistique, je suis partagée entre le texte et les artefacts, j’aime follement les mots et je cherche dans mes réalisations plastiques à les cacher, à charger, à envouter forme et matière, de récits cachés, d’imaginaire, d’implicite, d’ellipses. Des objets chargés… C’est une définition du talisman.

Ce collier mural est inspiré de cette histoire de rosaire, de peyolt et de cowboy mais aussi de l’esthétique singulière de Patti Smith et Robert Mapplethorpe à cette époque ; Linges anciens, fragments naturels, perles de pacotille, beauté du pauvre, du trouvé, de l’emprunté. Fragilité sublimée de la grâce du lien de deux amoureux éternels.

Les perles de porcelaine sont estampées sur des rochers cycladiques et des feuilles de frangipanier et travaillées comme des plumes. Elles sont montées sur des tiges de fenouil cueillies en Grèce, tiges consolidées par du fil de cuivre, de laiton, de laine et de corde. Un ruban rose poudré très ancien termine l’assemblage et illumine l’accord des blancs, vert pâle et bleu tendre.

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“Comme le feu et l’eau”, 2026

Texte à venir

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“Les invisibles” , 2026

Texte à venir

“Les mots silencieux”, 2026

Les mots sont des compagnons d’enfance.

Promenade de conte en légende, après-midi au dictionnaire, ils n’ont rien d’abstrait pour l’enfant solitaire.

Trésors, talismans, laissez-passer qui ont poids et couleurs, dimensions, musique. Certains amulettes, d’autres maléfices, ils me sont toujours sortilèges, assemblés ou isolés.

Le murmure de voeux secrets, la confiance dans la prière, la supplique - si elle est formulée dans les règles du merveilleux - appartiennent aux silences de l’enfance.

La croyance en leur protection est toujours là, moi moins petite. Encore aujourd’hui j’ai besoin de la superstition quand elle est poésie. Si elle n’attise pas les peurs mais qu’au contraire elle console, répare et protège. Et s’ils ne perdent pas leur magie une fois prononcés, les mots silencieux ont ma préférence, un mot caché est une promesse, d’aventure, de passage qui se fait, de grotte conquise. Un mot caché, un mot confié… à la petite qui sourit, au père annuel, à celui qui à de bons yeux, au vent du nord, à d’autres encore.

Mon travail plastique cherche à donner forme ou transparence aux mots, à les déguiser et à les faire deviner.

Mon approche n’est pas littérale mais ils sont bien là.

Quelque part.

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Écrire son mot, son voeu, son poème, son rêve, le confier à un arbre est une pratique qu’on retrouve dans de nombreuses traditions et festivités. Je m’inspire pour cette installation de Tanabata Matsuri, la fête des étoiles.

Les tanzaku, des petites cartes rectangulaires sur lesquelles on écrit le vœu, elles sont ici réalisées en porcelaine-papier.
Le visiteur peut écrire avec un feutre blanc pour le cacher, ou le laisser lire avec un feutre rouge. Des branches et des lianes suspendues et mêlées reçoivent les tanzaku.
Y sont accrochées des étoiles de porcelaine de différentes tailles. Le motif de l’étoile à été emprunté au livre pour enfants L’Étoile de Mo deju Choi. Je voulais une forme d’étoile avec la dimension magique, espérante, féérique.

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Fragile été exposition 2025

L’été est ma saison d’enfance. J’y reviens, j’en repars, et j’y reviens, fragile et invincible. Ces pièces sont nées de songes, de sable et de sel, de ces sensations de bord de mer qui me ramène toujours au même endroit, au même temps. Elles tentent de donner une forme à l’éphémère qui par magie recommence pour finir.

___ Mes jambes salées projettent leurs ombres étirées au retour de plage. Sur le chemin, le sable et le sel crissent.

Ah ! La jolie crasse…

Reine de l’été, mica paillette au coin de la paupière, je serre les poignées de sable que j’aimerai garder et en faire des colliers. L’instant devenu pierre. Arrêter le temps. Garder aussi le rose sans égal de la nacre coquillage, petit fantôme de mer.

Les jours de soleil ne sont jamais pareils et pourtant je les confonds. J’essaye de les marquer d’une trace d’ongle. Lignes échappées d’un spirographe déréglé. Les assembler en une longue tresse qui s’enroule sur elle même, à n’en plus voir la fin.
Vagues lentes et définitives qui effacent mes tentatives d’inscrire et de retenir. Le vent passera par là aussi. Oubli tous les jours, oubli pour toujours.

Tâches d’eau, flaques de soleil. Clapotis silencieux qui zèbrent la rétine, reflets sous la chaleur ici reine, ici pleine. L’œil ébloui par les retenues salées, enrochées, petites mais multiples.

Miroirs à n’en plus voir la fin. Petites échappées vers la grande infinie.


“D’or & d’os” installation 2023

Végétaux secs, grès&porcelaine, tissus, perles… Fragilité et magie, chamanisme, délicatesse. Avec peu de choses je cherche la magie, la poésie. Un dénudement.

Poésie de peu, mélancolie.
Arbre magique, ex voto, amulettes et talisman. Le végétal sec devient ossements.
La parure du tissus et des bijoux renforce le suranné. Enrouler, de la laine de couleur ton sur ton et du fil doré. Pas de fil de laiton pour ce travail, il apporterait trop de rigidité, de redondance avec les branches.


“La nuit” exposition 2024

La nuit trop blanche plus souvent grise comme ses chats. Chapelets. Égrener mes litanies d’insomnies. Nuit noire espoir.

Des perles comme des lunes, l’histoire s’est perdue. Obsession de phalènes. J’aime tant le mot.

Constellation. Mon manteau de nuit. Filer.

Recherche de la texture charbon. C’est difficile de trouver un beau noir en céramique, je le veux profond, pas de miroir nocturne.

L’idée du souper de minuit, gothique et burlesque à la fois m’enchante.


“Les inquiétudes” expo 2022

Vagues impalpables. Fugaces aussi.

Les inquiétudes ne disent pas toujours leur nom, n’ont pas vraiment de forme. Des fantômes.

Dans nos mains elles ont pris corps, se sont faites douces et réconfortées.
Des cailloux, des mots dessous.

Ces fleurs là, qui, silhouettes légères toutes suspendues et prisonnières qu’elles sont, nous enlèvent.

Celles-ci sont des ombres engrossées, menaçantes, pleines et obscures, quand d’autres s’échappent de leurs casiers.